Digital Competition · Synthèse citoyenne · EU

Digital Markets Act

Impact sur les libertés : moyen Avancement : In force since May 2023; enforcement proceedings ongoing against several gatekeepers. Mise à jour : August 10, 2026 Lecture : 2 min

1C'est quoi ?

Le Digital Markets Act (DMA) est un règlement européen entré en vigueur en novembre 2022, qui cible une poignée des plus grandes plateformes numériques mondiales — qualifiées de « contrôleurs d'accès » — parmi lesquelles Google, Apple, Meta, Amazon et Microsoft. Il leur impose un ensemble d'obligations et d'interdictions précises sur la manière dont elles opèrent leurs services de plateforme essentiels : boutiques d'applications, moteurs de recherche, réseaux sociaux, messageries, etc. Concrètement, le texte impose l'interopérabilité entre certains services, interdit certaines pratiques d'auto-préférence et restreint la combinaison de données personnelles à des fins publicitaires sans consentement explicite. Le DMA ne s'applique pas à l'ensemble des entreprises numériques — uniquement à celles désignées comme contrôleurs d'accès par la Commission européenne, qui dispose d'un pouvoir discrétionnaire considérable dans ce processus de désignation.

2Objectifs officiels

L'objectif officiel du DMA est de garantir des marchés numériques « équitables et contestables » en Europe, en empêchant les contrôleurs d'accès d'abuser de leur position dominante pour étouffer la concurrence. La Commission européenne soutient que le règlement abaissera les barrières à l'entrée pour les concurrents européens plus modestes et réduira la dépendance des consommateurs aux grands écosystèmes fermés. Les institutions le présentent également comme un outil pour restaurer le libre choix des utilisateurs — par exemple, la possibilité d'installer des boutiques d'applications tierces ou de choisir librement ses services par défaut. Des voix critiques de la société civile soulèvent toutefois que le texte se concentre avant tout sur la concurrence entre grandes entreprises, bien plus que sur la protection des utilisateurs contre le capitalisme de surveillance en tant que tel. Des organisations de défense des droits numériques rappellent que le DMA n'est pas une loi sur la vie privée et ne doit pas être confondu avec le RGPD — les avancées qu'il représente pour les citoyens sont réelles, mais structurellement limitées.

3Ce que ça change pour les citoyens

Dans les faits, le DMA a déjà contraint Apple à ouvrir iOS aux boutiques d'applications tierces et aux navigateurs alternatifs dans l'UE, et Meta à proposer — en théorie — des abonnements sans publicité. Les citoyens devraient pouvoir plus facilement changer de plateforme, porter leurs données et utiliser des messageries interopérables entre services comme WhatsApp. Ces avancées sont cependant à nuancer : une interopérabilité mal mise en œuvre peut fragiliser le chiffrement de bout en bout, et les nouvelles possibilités ouvertes — comme l'installation d'applications hors boutiques officielles — introduisent de nouveaux risques de sécurité pour les utilisateurs les moins avertis. L'application du règlement reste par ailleurs une préoccupation majeure : la Commission dispose de ressources d'investigation limitées, tandis que les contrôleurs d'accès s'appuient sur des équipes juridiques solides pour retarder ou diluer leur mise en conformité. Les bénéfices concrets pour les citoyens dépendent donc largement de la vigueur avec laquelle la Commission fera respecter les règles — ce qui n'a rien d'acquis.